Sa personnalité

Une jeune femme chaleureuse et engagée

On peut tenter de caractériser la personnalité d’Adèle par quatre traits : la foi, la bonté, le zèle, l’équilibre.

La foi

Tout au long de sa vie, Mère Adèle est animée d’une foi profonde, une foi qui s’enracine dans son baptême (elle attache une grande importance au renouvellement des voeux de son Baptême) et dans sa Confirmation. C’est une foi d’enfant, simple, sans détour, qui va droit au but ; une foi qui se nourrit de la Parole de Dieu (elle aime beaucoup St Paul), de l’enseignement de l’Eglise, des écrits des saints (Saint François de Sales, Saint Ignace, Sainte Thérèse d’Avila…). C’est une foi qui s’approfondit dans la méditation des fêtes tout au long de l’année liturgique. Elle s’associe par là aux Mystères du Christ qu’elle sait toujours vivant dans l’Eglise et par l’Esprit. Sa foi fait une place privilégiée à Marie qu’elle aime, prie et cherche à imiter. Cette foi, elle la communique dans ses lettres pour susciter, entretenir, stimuler la ferveur.

La bonté

C’est une bonté faite de simplicité et d’humilité. Jeune fille, elle a choisi l’apostolat de la correspondance. Dans ses lettres, elle s’intéresse à tout ce qui fait la vie de ses associées. Elle propose des intentions de prière, demande des nouvelles, s’inquiète quand elle ne sait rien d’une associée depuis un certain temps, recommande les malades, les mourants, parle des conversions en cours, aide à se préparer aux sacrements, propose une neuvaine afin d’obtenir le retour à Dieu d’amis qui se laissent entraîner par le monde… Cette bonté sait aussi se faire compréhensive à l’égard de ses associées, particulièrement à l’égard d’Agathe, tempérament qui a tendance à se décourager. Cette bonté l’ouvre aussi à toutes les misères qui l’environnent. Les pauvres sont particulièrement l’objet de ses soins attentifs. Toutes ses richesses leur sont réservées. Elle les reçoit au château, tient à les servir elle-même. Elle visite les malades des environs de la propriété.

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Adèle et sa « Petite Société » au service des plus humbles à Trenquelléon

Le zèle

Coeur ardent, toute à son Seigneur, son unique désir est de pouvoir Le faire connaître, aimer et servir par tous les coeurs. Mère Marie-Joseph, sa cousine, disait «qu’elle avait une soif dévorante du salut des âmes». Elle estime la vocation divine de tout être humain. Dans les pauvres, elle reconnaît les membres souffrants du Christ. Dès lors, elle les sert avec un amour privilégié. Elle les sert mais elle en profite pour leur révéler Celui qu’elle aime et qui les aime.
Son zèle se fait inventif. Autour de 1810-1811, elle ouvre une école au château de ses parents. Aux petits garçons et petites filles qui se présentent, elle apprend le catéchisme, les prières essentielles, la lecture, le calcul. Ses élèves, venant de fermes isolées, arrivent à toute heure, elle est toujours disponible. Elle engage constamment ses amies de la «Petite Société» à faire des conquêtes, pour accueillir de nouveaux membres qui pourront ainsi progresser dans la foi et devenir missionnaires à leur tour dans leur milieu de vie.

Le bon sens, l’équilibre

Foi, bonté, zèle apostolique s’enracinent dans un solide bon sens, un équilibre humain et surnaturel hors du commun. La vie spirituelle n’est pas à chercher dans des choses extraordinaires, mais dans la vie quotidienne:
«Ne pensons qu’à faire ce que nous faisons dans le moment mais à le bien faire. C’est dans la fidélité et la perfection aux actions ordinaires que consiste le progrès que nous pouvons faire dans la vertu. Dieu ne demande pas de nous des choses extraordinaires, mais Il veut que nous nous sanctifiions dans les choses que nous faisons tous les jours.» (246,4-5)
Toute sa vie, elle restera très concrète, très proche de chaque soeur pour lui permettre une progression adaptée à son état. Ses lettres sont remplies de conseils très pratiques. Lors des fondations, elle aura le sens d’une organisation précise pour faciliter la vie des soeurs qui seront envoyées.